Les dix gerbilles
envoyées pendant douze jours dans l'espace pour préparer les vols
habités vers Mars ont atterri saines et sauves mercredi au Kazakhstan,
ont indiqué des responsables du programme.
«L'atterrissage a été normal, il s'est effectué à 170 km au
sud de la ville de Koustanaï», dans le nord du Kazakhstan, a indiqué
une porte-parole du Centre russe de contrôle des vols spatiaux, situé
près de Moscou.
Les gerbilles avaient décollé le 14 septembre du centre
spatial russe de Baïkonour, dans la steppe kazakhe, à bord du vaisseau
spatial Foton-M n°3. Le but de ce voyage était d'étudier les possibles
effets sur l'homme d'un vol vers Mars.
«Nous avons immédiatement trouvé l'appareil, il se trouvait à 10 km de
l'endroit prévu et l'atterrissage s'est fait en douceur», a indiqué
depuis Samara (sud de la Russie) une autre responsable, Anfissa
Kazakova, chargée de la conception du vaisseau chez le constructeur
TsSKB-Progress.
«Tous les animaux» - des gerbilles (souris aux grands yeux des
zones arides, souvent utilisées comme animaux domestiques) mais aussi
des tritons, cafards ... - «sont vivants», a-t-elle assuré à l'AFP par
téléphone après avoir parlé à ses collègues au Kazakhstan.
Douze spécialistes étrangers et quatre russes se sont rendus sur place
pour le retour du vaisseau à bord duquel ont été menées un grand nombre
d'expériences internationales.
Les gerbilles sont néanmoins en sursis. «Tous leurs organes et tissus -
osseux, musculaires etc - seront examinés par dissection pour voir
comment l'apensanteur a influé sur eux», a expliqué Mme Kazakova.
«C'est ce qui se fait toujours, on ne peut pas se contenter de les
regarder et de les caresser», a-t-elle ajouté.
Les extrémités des tritons, des animaux proches des
salamandres, ont été coupées avant le départ pour voir comment elles se
reconstituaient en apesanteur. Le but de cette expérience est de voir
comment se reconstituent les tissus en cas de fracture osseuse chez les
spationautes pendant les très longs vols, a expliqué Mme Kazakova.