Le Japon se prépare à lancer vendredi sa première sonde autour de la Lune, avec l'intention d'établir une base habitée sur notre satellite vers 2025.
La
sonde doit se séparer de son lanceur trois quarts d'heure plus tard,
avant de faire deux tours de la Terre puis de mettre le cap sur la
Lune, à 380.000 km de nous. Tirant son surnom d'une princesse sélénite
des légendes japonaises, la sonde Kaguya consiste en un orbiteur
principal et de deux "bébés sondes" équipées de 14 instruments
d'observation qui auront pour tâche d'étudier la surface lunaire, la
gravité et d'autres caractéristiques de notre satellite, afin de
recueillir des indices sur son origine et son évolution.
"Nous
avons revu et corrigé les fusées après ces mésaventures et les choses
se présentent bien désormais", a déclaré Sobue. "Pour ce qui est des
petites sondes, nous avons amélioré leur qualité de telle manière que
nous pensons ne plus connaître de pareils échecs", a-t-il continué.
Pour certains experts, le tir de vendredi sera décisif. "Si la mission
Kaguya tourne à l'échec, le Japon ne sera pas en mesure de relancer un
tel projet avant longtemps", estime Hideo Nagasu, ancien directeur du
Laboratoire national d'aérospatiale du Japon.
Le
Japon prévoit d'effectuer par lui-même un vol habité dans l'espace,
mais pour les experts, c'est plus facile à dire qu'à faire. "Il faudra
très longtemps avant que le Japon puisse effectivement envoyer un homme
dans l'espace", estime Nagasu. "La Chine a une longueur d'avance sur le
Japon en termes de vols habités", reconnaît l'ancien directeur du
Laboratoire national d'aérospatiale du Japon. "Je pense que le
programme spatial chinois est lié de façon claire à la politique
stratégique (militaire) du pays". Selon Nagasu et des responsables de
la Jaxa, le Japon devra probablement recourir à des vaisseaux
américains pour envoyer un homme sur la Lune.